Oskar Szulc, la passion du football malgré les obstacles
Selon une enquête récente de l’ADEPS, le coût de la pratique sportive reste un frein pour
de nombreux jeunes. Entre les licences, l’équipement et les déplacements, certaines
familles doivent faire des choix. À Etterbeek, le parcours d’Oskar Szulc, 18 ans, illustre
comment la passion peut parfois dépasser ces obstacles.

Milieu de terrain au RWDM, Oskar Szulc joue au football depuis l’enfance. Entre contraintes
financières, faillite d’un club et rêves de très haut niveau, son parcours montre la
détermination d’un jeune joueur qui refuse d’abandonner.
Il est mince mais athlétique et bouge avec fluidité sur le terrain. Mentalement, il reste calme et
réfléchi, et est très intelligent dans le jeu, tout en gardant une attitude simple et passionnée.

Les débuts dans un petit club
Un mercredi après-midi, sur le terrain du RRC Etterbeek, un petit garçon de six ans court
après un ballon presque trop grand pour lui. Ce jour-là, Oskar découvre le football.
Au départ, il joue simplement pour s’amuser avec ses amis. Mais très vite, les entraînements
deviennent un rendez-vous important de la semaine. Même sous la pluie ou dans le froid
bruxellois, il ne veut jamais rater une séance.
Les entraîneurs remarquent rapidement son calme sur le terrain. Contrairement à d’autres
enfants qui cherchent à marquer à tout prix, lui préfère lever la tête, observer et faire la
bonne passe. Milieu de terrain dans l’âme.
Quand le football coûte cher
Mais pratiquer le football en club demande aussi des moyens.
L’enquête de l’ADEPS rappelle que les frais peuvent représenter
un obstacle pour certaines familles. Dans celle d’Oskar, le football
est une passion partagée. Son grand frère joue également en
club. Résultat : deux licences à payer (500€ p.p), deux paires de
crampons (120€ p.p), deux sacs de sport. Certains mois, les
dépenses s’accumulent : nouvelles chaussures, déplacements
pour les matchs à l’extérieur ou participation à des tournois.
« Mes parents ont toujours fait le maximum pour qu’on puisse
continuer », raconte Oskar.
Même si cela demandait parfois quelques ajustements dans le budget familial. « Il fallait
parfois serrer un peu la ceinture », raconte Oskar en souriant. « Mais mes parents ont
toujours trouvé une solution pour qu’on puisse continuer. »
Certaines saisons, les crampons duraient un peu plus longtemps que prévu. Des petits
sacrifices du quotidien qui ont permis à Oskar de continuer à vivre de sa passion sur les
terrains.
Pour certains matchs à l’extérieur, les joueurs s’entassent dans la voiture d’un parent
bénévole. Direction Liège, Charleroi ou parfois même la côte belge. Dans la voiture,
l’ambiance est souvent bruyante : musique, blagues et discussions sur le match à venir. Des
souvenirs simples, mais marquants.
L’espoir du football professionnel
À l’adolescence, son niveau attire l’attention. Lors d’un tournoi régional, plusieurs recruteurs
observent les jeunes joueurs.
Parmi eux, un club professionnel : Royal Excel Mouscron. Pour Oskar, c’est un moment
mémorable. Passer d’un club amateur à un environnement plus professionnel change
beaucoup de choses : entraînements plus intensifs, concurrence plus forte, pression plus
importante.
Il réalise pourtant une bonne saison et continue de progresser. Mais le football peut être
imprévisible. Le club finit par faire faillite. Pour un jeune joueur, cela signifie repartir à zéro
et chercher une nouvelle équipe. Une période stressante. Plusieurs semaines d’incertitude.
Finalement, en 2022, il rejoint le RWDM, où il continue aujourd’hui
son développement.

Actuellement Depuis ses débuts dans le football, où il a rapidement montré des qualités prometteuses, il a gravi les échelons jusqu’à intégrer le RWDM. En ce moment, il se trouve dans un entre-deux entre le noyau U21 et l’équipe première. Même s’il ne peut pas encore vivre du football, il bénéficie d’un encadrement optimal…
Le rêve de Madrid
Quand il parle de football, ses yeux brillent. Comme beaucoup de jeunes joueurs, Oskar
rêve de jouer un jour au plus haut niveau. Son club de rêve reste le Real Madrid. Dans sa
chambre, une affiche de Luka Modrić rappelle chaque jour son inspiration. Le milieu croate
est pour lui un modèle : vision du jeu, intelligence tactique et élégance balle au pied.
Avant certains matchs importants, Oskar regarde parfois des vidéos de ses actions pour
s’inspirer de sa manière de jouer. Mais malgré ces rêves, il garde les pieds sur terre. « Il faut
toujours prendre au sérieux ce qu’on entreprend », explique-t-il. « Et surtout prendre du
plaisir. »
La séance d’entraînement se termine sur le terrain du
RWDM. Les joueurs quittent la pelouse pendant que le
soleil commence à disparaître derrière les tribunes.
Oskar reste quelques secondes de plus, ballon au pied.
Un dernier contrôle, une dernière passe. Puis il rejoint le
vestiaire. Le rêve continue.
