« On ne vit plus, on est passé en mode survie »
Charline a décidé de reprendre ses études. Aujourd’hui, beaucoup d’aspects ont changé, à commencer par la hausse du prix du minerval. Elle ne dépend que du CPAS et se retrouve contrainte à devoir assumer le coût de la vie pour atteindre ses objectifs

Arès avoir travaillé en tant que commerciale, Charline Victoria, 30 ans, a décidé, il y a 2 ans, de reprendre des études en communication à l’UCL Saint-Louis à Bruxelles. Passionnée par l’Asie du Sud, son rêve est de décrocher un poste dans une agence événementielle sur le continent asiatique. Elle rêve de travailler auprès des plus grands influenceurs mode. Aujourd’hui, son rêve s’est transformé en un véritable défi car tout se complique. Entre difficultés financières et nouvelles décisions gouvernementale pour les étudiants, Charline ne peut qu’espérer un jour atteindre ses objectifs.
Un nouveau cap
Charline n’a pas suivi un cursus classique. Elle a fini ses secondaires générales et puis a fait 3 ans en secondaire professionnel en spécialisation bijouterie joaillière à l’IATA à Namur. « J’ai adoré, c’était les meilleures études que j’ai pu faire que ce soit au niveau du lieu ou de l’ambiance » s’exclame Charline en se remémorant ses belles années, redressée sur le canapé. Après une mauvaise expérience sur le terrain après son apprentissage, Charline a décidé de changer de chemin.
De nouvelles études, mais à quel prix ?
Avant de se relancer dans des études, Charline était inscrite au chômage. Aujourd’hui, avec les nouvelles règles gouvernementales, elle se retrouve obligée de s’inscrire au CPAS. Les parents de Charline, Christophe et Isabelle, ne gèrent pas ses finances, elle ne dépend plus d’eux financièrement.
Cela a amené la jeune adulte à devoir trouver des solutions pour réduire ses coûts financiers. Elle a tout d’abord élaboré un projet d’étude à présenter au Forem pour obtenir des dispenses. Elle a ensuite effectué les démarches pour avoir sa bourse d’études et l’a obtenue.
Habitant à Nivelles, Charline a dû aussi trouver une solution pour loger à Bruxelles, n’ayant pas les moyens de louer un studio, un appartement ou encore un kot. Elle habite à la maison d’étudiante d’Uccle. « L’internat est un choix financier et non pas un choix personnel de mes envies, mais j’arrive à en retirer beaucoup de positif » affirme Charline d’un ton apaisé en passant sa main dans ses cheveux.

« Je suis contente d’être boursière »
« Moi étant au CPAS, je suis contente d’être boursière actuellement » confie Charline sereinement, les mains posées sur ses jambes. « Mais cette année, j’ai été dans l’inquiétude et dans le flou, de savoir si j’allais avoir ma bourse car j’avais encore des cours de BAC 1 à passer, et je ne savais pas si ça allait fonctionner. J’étais vraiment inquiète, jusqu’à ce que je reçoive la réponse positive de la bourse ». Aujourd’hui, avec les nouvelles décisions gouvernementales, Charline ne peut pas être certaine de ses droits actuels. « J’ai l’impression de dépendre à chaque fois de ce qu’ils vont décider et ça engendre beaucoup de stress » avoue Charline nerveusement.
La jeune femme explique : « Nous avons beaucoup de chance, car dans notre Haute école, les étudiants qui n’ont pas obtenu la bourse peuvent bénéficier d’une aide financière. Les coûts du minerval sont réduits de moins de 50%. Certains étudiants paient aujourd’hui moins de 500€. L’année prochaine, quand le minerval aura augmenté, ces étudiants se retrouveront à payer au moins 600€ pour étudier et cela représente une grosse somme. Étant au CPAS, cela représente la moitié de ce que je reçois sur le mois ».
Des études autrefois, plus accessibles
Charline nous explique qu’avant les coûts d’un minerval en haute école étaient moindres ; elle se souvient de sa sœur qui faisait, à l’époque, des études d’infirmière. En rentrant ses mains dans son pull de laine rouge, elle se gratte le menton et affirme : « Je pense honnêtement que mes parents payaient moins de 400€. Aujourd’hui, avec la hausse du minerval et du coût de la vie, je ne suis pas sûr que mes parents auraient su assumer le prix de nos études. Aujourd’hui, on ne vit plus, on est vraiment passé en mode survie »
Charline n’est pas la seule à s’inquiéter de cette hausse de minerval et du coût de la vie. La ligue des familles s’inquiète tout autant de ces nouveaux frais d’inscription qui concerneraient 58% des étudiants, ce qui représente plus de la moitié. Elle se questionne sur quel sera l’impact sur l’accessibilité des études supérieures.