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 Combien ça coûte réellement à la fin du mois ?

30 ans, un diplôme en poche et une vie active bien remplie autant que les factures qui affluent. L’équilibre financier n’est pas toujours aussi facile qu’on l’imagine quand on passe de la vie étudiante à la vie active. Entre le logement, les dépenses quotidiennes et les imprévus de la vie. Qu’est-ce qui se cache derrière un bon équilibre financier de nos jours ?

 Simon Charlier en est convaincu : l’inflation est bien là en 2026 et ne compte pas redescendre de sitôt. Quelles sont les raisons de cette montée fulgurante par rapport aux années précédentes ?  

Dans la peau d’un jeune adulte, il fait part de son expérience en tant qu’étudiant et maintenant salarié. Entre les années d’étude, souvent marquées par un budget assez serré et le passage à la vie active, où la notion d’argent et de responsabilité vont de pair, il explique comment ses dépenses ont évolué et ce que ça coute à la fin du mois en 2026.  

« Simon Charlier évoque le passage de la vie étudiante à la vie active, deux réalités différentes. »
©Fiona-Elyza Digrado

La vie étudiante est-elle réellement sans galères financières pour tous : 

« De nombreux étudiants travaillent pour subvenir à leurs besoins. »
Pexels

Simon Charlier, 29 ans, a lui aussi été étudiant auparavant. Il témoigne : “J’ai dû trouver un job étudiant assez rapidement pour subvenir à certains besoins essentiels. Ma mère était célibataire à l’époque et elle ne savait pas assurer financièrement la charge du kot, des courses et des études. Il fallait donc que je l’aide en partie.” 

Il avoue de façon décomplexée que travailler n’était pas un problème pour lui et que beaucoup de ses amis faisaient la même chose. Travailler au Quick de Saint-Servais le week-end lui permettait d’avoir de l’argent de poche pour ses sorties entre amis et pour faire ses courses pour la semaine sans souci. Selon une enquête réalisée par l’ULB en juin 2025, il y aurait eu une généralisation des job étudiants due à l’augmentation du coût de la vie après les années 2000. Au début, les jobs étudiants étaient généralement exercés pour subvenir à des dépenses dites plus ludiques. Aujourd’hui, c’est une pratique courante pour subvenir à des dépenses primaires.  

Il souligne : ”Oui, ça n’a pas toujours été facile de gérer une partie de mon argent seul. C’étaient mes premières responsabilités. Lorsque l’argent est tombé sur mon compte en banque la première fois, j’ai connu certains excès : les vêtements, les soirées ou encore les sorties restaurants. À la fin du mois, je n’avais plus d’argent pour faire mes courses.”  

Il ajoute en rigolant : “Ce sont les galères quand t’es étudiant, comme manger des pâtes tous les 4 matins parce que t’as fait d’autres choix pendant le mois. Mais le week-end, tu rentres chez toi et des bons petits plats t’attendent.”   

Il affirme qu’avoir un filet de sécurité financier comme son parent est une grande chance que beaucoup n’ont pas. Mais que cela peut vite entrainer de l’irresponsabilité, car les étudiants n’ont pas naturellement la notion de l’argent. Simon Charlier explique : “J’aurais dû mettre plus d’argent de côté à cet âge, car c’est un moment où l’on a très peu de dépense fixe. Ça m’aurait beaucoup aidé de commencer la vie active avec une épargne de précaution pour faire face à des charges imprévues.” 

Un CDI remplacerait-il les soucis d’un jeune adulte : 

Simon, à la suite de la fin de son bachelier de trois ans pour devenir éducateur, a dû prendre des responsabilités plus grandes, comme financer un logement, financer une voiture pour aller au travail ou encore prendre une assurance vie comme tout bon adulte responsable.  

Il déclare : “Je suis reconnaissant envers ma mère, qui m’a aidé à assurer le côté administratif. En tant que jeune adulte, je n’avais pas encore conscience de l’importance de cette facette de la vie adulte.” 

Il explique que ça a été une claque de passer au monde des adultes. Il s’imaginait flamber ses premiers salaires pour des choses qui le faisaient rêver. Mais la réalité l’a rattrapé avec les charges fixes d’un logement. “Beaucoup de jeunes oublient cela lors de l’achat d’un appartement ou d’une maison.”, dit-il.  

Le plus compliqué, selon lui, a été ces dernières années, où les charges, comme l’électricité et le mazout, n’ont fait qu’augmenter. Il s’agace : “Ça devient de plus en plus dur d’être prévoyant pour ce genre d’augmentation.” Selon un rapport fait par Statbel en 2026, les Belges font face à une inflation à 1,45%, ce qui explique l’inquiétude des consommateurs comme Simon.  

Pour lui, économiser est une des choses les plus importantes. Peu de gens sont assez prévoyant, surtout face aux imprévus, comme une panne de machine à laver. Il l’a appris à ses dépens, confie-t-il : “Ça craint quand tu n’as pas assez sur ton compte, car c’est la fin du mois et que tu te retrouves chez ta maman à lui taxer son produit à lessiver.” 

« Un jeune adulte confronté aux réalités financières de la vie active. »
Pexels

Se faire plaisir en 2026, c’est toujours possible, selon Simon : “Il suffit d’être prévoyant et garder une partie de ses économies pour les imprévus et une autre pour ses charges fixes. Le reste, on l’utilise pour les plaisirs de la vie !”  

Par exemple, Simon admet qu’il arrive tout de même à partir en vacances plusieurs fois sur l’année, affirmant que ce ne sont pas toujours de grands voyages extravagants, mais qui restent dépaysants. Même si ça ne dure que quelques jours, un voyage reste un voyage.  

Aujourd’hui, Simon a appris à jongler entre ses charges, ses économies et ses envies. Mais il reconnaît lui-même en souriant : “Certaines fins de mois me rappellent encore mes années estudiantines.”