Quand la connexion se rompt.
L’ex-influenceuse devenue invisible par nécessité : Makoura, 27 ans, a quitté les réseaux sociaux après des mois de harcèlement sexiste. « Oui, je n’avais pas osé en parler à l’époque, et ça m’a longtemps perturbée dans ma vie de tous les jours. »

Makoura, 27 ans, a un teint deep chocolat lumineux et des yeux en amande presque noirs. Ses cheveux naturels forment de gros twist-out qui encadrent son visage aux pommettes hautes. Grande et fine, elle dégage une présence naturelle. Une petite cicatrice marque son sourcil gauche, et ses mains s’animent quand elle parle.
Makoura avait 19 ans quand elle a commencé à partager son quotidien sur Instagram et TikTok. Étudiante en communication à Paris, elle parlait de mode, de beauté, mais aussi de ses origines, de diversité et d’inclusion. Ses vidéos authentiques et son ton direct lui ont rapidement valu 45 000 abonnés. Les marques commençaient à la contacter. Elle se voyait construire quelque chose.
Tout a changé en mars 2022, alors qu’elle avait 23 ans. Makoura a publié une vidéo où elle dénonçait le harcèlement de rue qu’elle subissait régulièrement à Paris. En 48 heures, la vidéo est devenue virale. Mais pas pour les bonnes raisons. Les commentaires ont explosé : insultes racistes et sexistes, menaces de viol, messages privés obscènes. Des hommes partageaient sa photo en la sexualisant. D’autres créaient des montages dégradants.tout effacer, tout quitter
Trois mois après la publication de cette vidéo, Makoura prend une décision radicale : elle supprime tous ses comptes. Instagram, TikTok, Twitter. Quatre ans de contenu disparaissent en quelques clics.

Mais cela ne suffit pas. Elle ne se sent plus en sécurité à Paris. Certains amis minimisent la situation : “C’est le prix de la notoriété”. Elle s’éloigne d’eux. En septembre 2022, elle quitte la capitale française et déménage à Bruxelles, chez une tante qu’elle connaît peu. Elle pensait que ce serait temporaire. Quatre ans plus tard, elle y vit toujours.
Le silence et ses conséquences.
Pendant deux ans, Makoura garde le silence. Sa famille pense qu’elle a simplement arrêté les réseaux sociaux pour se concentrer sur ses études. Ses nouveaux collègues à Bruxelles ne savent rien de son passé. Elle trouve un emploi dans une agence de communication et tente de reconstruire sa vie discrètement.tout effacer, tout quitter
Trois mois après la publication de cette vidéo, Makoura prend une décision radicale : elle supprime tous ses comptes. Instagram, TikTok, Twitter. Quatre ans de contenu disparaissent en quelques clics.
Mais cela ne suffit pas. Elle ne se sent plus en sécurité à Paris. Certains amis minimisent la situation : “C’est le prix de la notoriété”. Elle s’éloigne d’eux. En septembre 2022, elle quitte la capitale française et déménage à Bruxelles, chez une tante qu’elle connaît peu. Elle pensait que ce serait temporaire. Quatre ans plus tard, elle y vit toujours.
Le silence et ses conséquences.
Pendant deux ans, Makoura garde le silence. Sa famille pense qu’elle a simplement arrêté les réseaux sociaux pour se concentrer sur ses études. Ses nouveaux collègues à Bruxelles ne savent rien de son passé. Elle trouve un emploi dans une agence de communication et tente de reconstruire sa vie discrètement.
Mais le traumatisme persiste. Chaque notification de téléphone la fait sursauter. Elle évite les lieux publics bondés, convaincue que quelqu’un pourrait la reconnaître. Elle développe des crises d’angoisse, notamment dans les transports en commun. Pendant des mois, elle ne sort qu’avec une casquette et des lunettes de soleil, même en hiver.
Le pire, dit-elle, c’était la culpabilité. “Je me disais : si seulement je n’avais pas posté cette vidéo. Si seulement je m’étais tue.” Elle porte le poids d’une violence dont elle n’était pourtant pas responsable.