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Les femmes en politique : pourquoi doutent-elles encore ?

Derrière les chiffres de la parité se cache une réalité plus psychologique: le manque d’assurance. Entre peur de ne pas être à la hauteur et sentiment d’illégitimité, de nombreuses élues peinent à s’imposer. Pour Lyseline Louvigny, Échevine à Tubize et Présidente des Femmes Engagées, le nouveau réseau de l’UVCW doit avant tout servir de « booster » de confiance.

Pourquoi les femmes s’effacent-elles si souvent au profit de leurs collègues masculins ?

Le constat de Lyseline Louvigny est clair : le milieu politique, par son opacité et sa rudesse, favorise l’isolement. « Quand on connait les personnes en face de soi, on a plus envie de prendre la parole », souligne-t-elle. Pour l’élue tubizienne, briser la méfiance envers les autres partis est la première étape pour que les femmes osent enfin s’exprimer. Le réseau mise sur cette sororité pour transformer des élues parfois passives en actrices majeures du changement.

Apprendre à ne plus se laisser couper la parole

L’empowerment passe aussi par des outils techniques très concrets. Lors du lancement du réseau, l’accent a été mis sur des formations spécifiques : prise de parole en public et stratégies de communication face aux interruptions. « Il y a plein d’outils qui peuvent aider les femmes en politique », explique la Présidente des Femmes Engagées. L’objectif est de donner aux élues les clés pour ne plus subir les débats, mais pour les mener, en s’assurant que leur voix porte autant que celle des hommes au sein des collèges communaux.

Dépasser la peur de l’inaccessibilité

Le syndrome de l’imposteur se nourrit aussi d’une image déformée du monde politique.

Trop de citoyennes voient encore les ministres ou les échevins comme des figures intouchables. Lyseline Louvigny veut briser ce mur de verre : elle encourage les jeunes femmes à ne pas voir les élus comme des personnes inaccessibles, mais comme des leviers pour leurs projets. Son conseil pour ne pas se laisser intimider par la complexité du milieu ? Commencer petit, se spécialiser sur une thématique précise, et oser contacter directement les responsables.

Une solidarité pour durer dans le temps

Si les femmes quittent la politique prématurément, c’est souvent parce qu’elles se sentent seules face à des défis que le système ignore, comme la conciliation avec la vie de maman ou l’absence de statut spécifique lors d’un accouchement. En créant une structure permanente et financée, l’UVCW espère offrir ce filet de sécurité qui manquait jusqu’alors. L’enjeu des dix prochaines années est de transformer l’engagement politique de sacrifice personnel en une réussite collective. Comme le conclut Lyseline Louvigny: « il faut vraiment oser et faire connaître ses idées . »