CultureReportage

Made in Asia : Comment Brussels Expo se transforme-t-il en petite bulle de Tokyo le temps d’un week-end ?

Le temps d’un week-end, Brussels Expo change complètement de visage. Des milliers de passionnés de culture asiatique se retrouvent au festival Made in Asia, transformant les lieux en une véritable immersion japonaise. Entre stands de nourriture, cosplay et mangas, l’expérience dépasse largement celle d’un simple salon.

À peine passée l’entrée du palais, je suis immédiatement plongée dans une ambiance différente. Les néons des stands éclairent les allées bondées. Les visiteurs avancent lentement, sacs remplis de mangas à la main. Des rires éclatent lorsqu’un cosplayer s’arrête pour une photo, tandis que les téléphones se lèvent pour immortaliser le moment.

L’odeur sucrée des taiyakis – ces gaufres japonaises en forme de poisson – se mélange à celle des ramen et du poulet frit coréen. Autour de moi, les cosplayers attirent tous les regards. Certains portent des costumes impressionnants, reproduits dans les moindres détails. Une jeune femme ajuste la dentelle complexe de sa robe de « Lolita gothique », tandis qu’un peu plus loin, un guerrier en armure de samouraï en plastique, dont les           plaques rouges sont liées par des cordons de soie, manipule un sabre factice avec une précision impressionnante. Des perruques rose fluo ou bleu électrique aux coiffures défiant la gravité complètent ces transformations, donnant l’impression que les personnages de mangas ont quitté leurs pages pour se promener dans les allées.

Pour Lina, 17 ans, venue de Mons, l’événement est un moment attendu depuis longtemps. « Quand on arrive ici, on oublie complètement qu’on est à Bruxelles. On dirait vraiment un petit Japon pendant deux jours », raconte-t-elle en observant les cosplayers autour d’elle.

Des saveurs qui transportent ailleurs

Un peu plus loin, j’arrive dans l’espace consacré à la nourriture, où les visiteurs font la file devant les stands. Derrière les comptoirs, les cuisiniers travaillent à la chaîne. Les bols de ramen fumants sont servis rapidement, tandis que les woks crépitent. Le parfum du bouillon chaud, mélangé aux épices et à la sauce soja, flotte dans l’air. Certains visiteurs s’installent à des tables pour manger tranquillement, tandis que d’autres dégustent leur plat en marchant.

Kevin, vendeur sur un stand de spécialités japonaises, observe ce va-et-vient constant. « Les gens viennent pour l’ambiance, mais la nourriture joue aussi un rôle énorme. Beaucoup découvrent des plats asiatiques pour la première fois ici », explique-t-il en servant une portion de gyozas.

Le royaume des mangas et des souvenirs

Au centre du salon, je me retrouve face à des stands remplis de mangas et de figurines. Les étagères débordent de bandes dessinées japonaises, de posters et de peluches. Les visiteurs feuillettent les livres, comparent les prix et repartent souvent avec un sac rempli de souvenirs. Certains prennent aussi le temps de discuter avec les exposants, souvent eux-mêmes passionnés.

Pour Julien, collectionneur depuis plusieurs années, Made in Asia est devenu un rendez-vous incontournable. « Sur internet on peut tout trouver, mais ici c’est différent. On rencontre des gens qui aiment la même chose que nous, on peut discuter, échanger des conseils », explique-t-il en examinant une figurine.

Une communauté réunie le temps d’un week-end

Au fil de la journée, je remarque que les allées deviennent de plus en plus animées. Des groupes s’arrêtent pour prendre des photos avec les cosplayers, tandis que d’autres se dirigent vers les scènes où sont organisés concours et animations.

Pour beaucoup de visiteurs, l’événement va bien au-delà du simple divertissement. C’est aussi un espace où ils peuvent exprimer leur passion librement et rencontrer d’autres personnes qui partagent les mêmes centres d’intérêt. « Dans la vie de tous les jours, on n’a pas toujours des gens avec qui partager ça », confie Lina avant de rejoindre ses amis. « Ici, tout le monde comprend cette passion. »

En quittant les halls de Brussels Expo, difficile de ne pas avoir l’impression d’avoir voyagé quelques heures à Tokyo. Le temps d’un week-end, les lieux deviennent une véritable bulle asiatique, où mangas, saveurs et passion commune réunissent des milliers de visiteurs dans un univers à part.