Réparateur de carrosserie : un savoir-faire essentiel
Agostino, un homme grand aux cheveux tirés en arrière, partage son parcours professionnel et l’évolution de son métier. Réparateur depuis ses 14 ans, il a vu changer les techniques et les exigences. Un témoignage sur un secteur en fluctuation, alors qu’il se rapproche de la retraite.
Agostino, 57 ans, est réparateur de carrosserie. Il commence sa journée en prenant son café habituel, tranquillement. Une fois son café bu, il se dirige vers le tableau sur lequel est inscrit son prénom. En dessous, on trouve ses fiches de travail indiquant les différentes voitures sur lesquelles il doit travailler. Il rejoint la première voiture de la journée, une BMW, et effectue toutes les réparations indiquées sur la fiche. Il raconte son parcours et son métier, accompagné de sa gestuelle.
Presque un artiste
Agostino a découvert son métier alors qu’il n’avait que 14 ans, lorsqu’il était apprenti. À cette époque-là, il s’occupait de l’entièreté de la réparation des voitures, incluant démontage, remontage, tôlerie, réparation et peinture. C’est à ses 18 ans qu’il est enfin devenu ouvrier, et cela fait 21 ans qu’il travaille chez Carrosserie Karreveld.
Il nous raconte également que son choix professionnel vient d’une passion qu’il a depuis petit : démonter des voitures et « chipoter » avec. Il ajoute aussi que c’est sa mère qui l’a remarqué et l’a poussée vers une carrière dans l’automobile.
Agostino pourrait être comparé à un artiste, voire un sculpteur. Une qualité importante dans son métier est l’utilisation « de ses mains et de sa tête ». Il nous dit :
Parce qu’une voiture, ça a plusieurs formes, ça a plusieurs dessins. Il faut savoir refaire tous ces dessins comme il faut sans que le client ne le remarque.
Le plus compliqué dans son métier est le design des voitures, notamment les camionnettes. Les carrosseries sont aussi plus complexes que les anciennes, à cause des designers qui ajoutent du volume, avec des lignes ou autres, qu’il montre à travers des gestes. Il y a également des évolutions positives dans la carrosserie qui font qu’elle ne rouille pas, ce qui était le problème principal quand il était jeune. Les voitures actuelles sont galvanisées, évitant cela.
Il n’y a pas que les voitures qui se compliquent, les clients aussi. Selon lui, les clients sont plus exigeants quant à l’état de leur voiture une fois sortie du garage. Là où il travaille, ils offrent également la possibilité d’avoir une voiture de remplacement, celle-ci est apportée chez eux lorsqu’ils viennent chercher la voiture endommagée.

C’est un métier humain, technique et artisanal, proche de celui d’un artiste
Des évolutions dans un secteur fluctuant
Selon Statbel, le volume des ventes de gros et de la réparation de véhicules automobiles et de motocycles a augmenté de 3,6 % en décembre 2025. Des ventes en dents de scie depuis 2021, avec notamment un volume inférieur en août 2025. Chez Carrosserie Karreveld, on ressent l’augmentation des ventes avec environ 150 voitures qui sortent chaque semaine, dont plus ou moins 20 ont été réparées par Agostino.

Cependant, Agostino n’est pas le seul à travailler sur les voitures. Il nous explique que la chaîne de travail est divisée : le démonteur démonte la voiture, ensuite le taulier la redresse. Puis c’est au tour d’Agostino, le réparateur. La voiture passe ensuite chez le peintre, puis chez le remonteur avant d’aller au carwash et à la finition.
Il n’y a pas que la chaîne de travail qui a évolué, les techniques aussi. À l’époque, « on avait un seau d’eau, une éponge, une cale à poncer. On faisait tout à l’eau ». Aujourd’hui, la technologie a évolué, lui permettant de poncer avec une ponceuse électrique, rendant le travail plus efficace. Et leur permettant de ressortir du garage moins « dégueulasse » sur lui. Les produits sont également moins toxiques, et ils sont équipés d’un matériel adapté : gants, masque et vêtements adéquats. Les établissements doivent aussi avoir une bonne aération pour éviter les amas et les nuages de poussière.

Il y a également des normes environnementales concernant la bonne évacuation de l’air. Les produits et déchets doivent être recyclés, stockés surélevés, etc.
La réparation, une passion à vie
À 57 ans, Agostino se rapproche de la retraite. Il nous confie que son métier va lui manquer, car c’est amusant tous les jours, mais qu’il a déjà trouvé ce qu’il va faire. Son expérience lui permet d’aider sa famille à réparer leurs voitures sans devoir passer par un garage. Il a également envie de racheter une vieille voiture et de la refaire entièrement. Et, au format plus petit, de faire des maquettes de voiture.
