ÉconomieInterview

De l’inflation calculée à l’inflation vécue :

Alors que l’indice des prix à la consommation ralentit, les ménages sont confrontés à une tout autre réalité, notamment dans le secteur de l’alimentation.

En 2026, l’inflation en Belgique est en nette diminution. Selon des chiffres publiés en janvier 2026 par Statbel et Trading Economics, il y a une baisse progressive de l’indice des prix à la consommation, qui s’établit aujourd’hui à 1,10 % contre 2,06 % en décembre dernier. Cependant, les ménages ne perçoivent pas ces chiffres de la même manière et constatent un sérieux décalage entre l’inflation calculée par les statistiques et l’inflation vécue au quotidien, notamment dans leurs dépenses alimentaires : « Mes courses hebdomadaires ont augmenté de presque 20€. » Comment les ménages font-ils face à cette inflation ?

Copyright Statbel – Des chiffres à la baisse malgré une réalité différente par les ménages

Des chiffres parlants, mais des réalités différentes :

Chaque mois, Statbel et Trading Economics calculent et publient l’évolution de l’inflation par rapport à l’énergie, aux produits alimentaires, aux loyers, aux soins de santé, aux loisirs,..

Ces derniers mois, les chiffres ont montré une diminution progressive de l’inflation, les produits alimentaires s’établissent à 2,54% en janvier contre 3 % en décembre, mais ce n’est pas pour autant que les prix diminuent.

Image libre de droit – Pâtes, céréales et cafés ces produits qui ont fortement augmenté dans les rayons

Cela indique que les prix augmentent moins vite. On a pu récolter plusieurs témoignages montrant que, dans le secteur de l’alimentation, l’inflation se fait le plus ressentir : « Le poisson est particulièrement cher » ou encore « Les pâtes, les céréales et le café ont fortement augmenté ces derniers mois, comme le ticket de caisse. »

Les ménages s’adaptent et trouvent des solutions :

Plusieurs alternatives sont mises en place par les ménages pour faire face à cette augmentation des prix dans le secteur de l’alimentation : « J’ai opté pour la plateforme TO GOOD TO GO, une application anti-gaspillage alimentaire qui met en relation les commerçants ayant des invendus et revend leurs produits à des prix réduits », confie Françoise, maman divorcée de deux enfants.

Anne Sophie, maman de trois enfants dit qu’elle consomme davantage de produits blancs, des marques de distributeurs.

Grâce, ou à cause, de cette augmentation des prix, de nombreuses personnes perçoivent une nouvelle façon de réfléchir quant à l’utilité de ce que l’on achète : « Est-ce vraiment nécessaire ? Dans quel but allons-nous utiliser le produit ? Supprimer le superflu pour revenir à l’essentiel », déclare Françoise.

Dans ces témoignages, une nouvelle vision se dessine : éviter le gaspillage, revenir à l’essentiel, supprimer les extras et opter pour des applications anti-gaspillage.

Cela traduit un changement qui, grâce ou à cause de l’inflation, peut avoir des effets positifs sur l’environnement.

Un rôle à jouer par le gouvernement ?

« Le gouvernement aurait un rôle à jouer pour tout ce qui touche aux charges d’une famille, mais également pour trouver des solutions pour les personnes qui sont en situation précaire et qui n’arrivent plus à boucler leurs fins de moi », explique Anne Sophie.

Françoise affirme qu’ils devraient communiquer et sensibiliser la population aux moyens mis à leur disposition, et expliquer quels sont les avantages liés à l’impact environnemental si l’on modifie notre manière de consommer.Les responsables politiques pourraient avoir un rôle éducatif et préventif, et pas uniquement financier.

Une nouvelle manière de revoir ces priorités, de nouvelles habitudes naissent, incitant chacun à s’interroger sur ce qui est véritablement essentiel. Pour certains ménages, ces contraintes pourraient devenir une réelle opportunité de repenser le monde, en renforçant la solidarité et l’entraide, où un nouveau mode de vie est mis en place, ce qui permettrait permettre de vivre mieux.