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Étudiante le jour, épuisée la nuit : la réalité de Sara Benali

Sara Benali, 22 ans, étudie pour devenir assistante sociale à l’ISFSC. Entre ses cours et son travail au Quick, elle a du mal à s’en sortir financièrement et voit ses notes baisser. Seule dans son studio, elle doit tout gérer au quotidien, au prix d’une grande fatigue.

@KarkaouiAya « Je vois des étudiants qui n’ont pas besoin de travailler et qui peuvent se concentrer sur leurs études »

Les journées de Sara commencent tôt, souvent vers 7h, après des nuits trop courtes. « Je me lève à 7h pour me préparer et aller en cours », explique-t-elle. Ses matinées se terminent vers 13h, mais le repos n’est pas au programme. Direction le Quick, où elle travaille environ 15 heures par semaine pour payer son loyer de 400 euros et ses dépenses quotidiennes.

Cette situation n’est pas isolée. Selon Statbel (https://statbel.fgov.be/fr/themes/menages/pauvrete-et-conditions-de-vie), de plus en plus de jeunes en Belgique rencontrent des difficultés financières et doivent travailler pendant leurs études.

Ce rythme laisse peu de place aux études. « Entre les cours et le boulot, je n’arrive plus à me concentrer », confie-t-elle. Il lui arrive même de manquer certains cours pour pouvoir travailler. Le manque de sommeil s’accumule aussi : « Je dors rarement plus de cinq heures par nuit et je n’ai presque jamais le temps de réviser pour le blocus. »

@KarkaouiAya « Entre les cours et le boulot, je n’arrive plus à me concentrer »

Des études mises à mal

Le travail a un impact direct sur sa réussite académique. Sara dit qu’elle n’a presque pas eu le temps d’étudier pendant le blocus : « Résultat, je suis stressée et inquiète pour mes examens. Mes notes commencent à baisser…» Elle explique que le manque de sommeil et la fatigue rendent difficile la concentration en cours. Selon Sara, le rythme imposé par son emploi et ses obligations financières « me laisse à peine le temps de lire mes cours, et parfois je n’arrive même pas à réviser correctement pour les examens.» Elle ajoute que cette pression constante la fait se sentir dépassée et frustrée.

Inégalités ressenties

Sara observe les différences avec les étudiants plus aisés. « Je vois des étudiants qui n’ont pas besoin de travailler et qui peuvent se concentrer sur leurs études », raconte-t-elle. Selon elle, ces inégalités créent un sentiment d’injustice : « Ils peuvent réviser, participer aux activités, profiter de l’école… moi, je dois faire des choix difficiles tous les jours. »Elle précise que devoir travailler pour survivre « change tout dans la vie d’un étudiant. On n’a plus le même rythme, et ça se ressent dans les résultats et la motivation. »

@Pixbay « J’espère pouvoir un jour étudier sans cette pression constante de l’argent »

Un peu d’espoir malgré tout

Malgré la fatigue et le stress, Sara essaie de garder le moral et de chercher des solutions. Elle explique qu’elle organise son temps au mieux et qu’elle tente de trouver des aides financières ou des jobs plus flexibles.

« J’espère pouvoir un jour étudier sans cette pression constante de l’argent », confie-t-elle. Elle ajoute qu’elle rêve d’un équilibre où elle pourrait se concentrer pleinement sur ses études et sa vie personnelle.