Mobilisation féminine pour des droits menacés
À Bruxelles, le 8 mars, plusieurs milliers de personnes ont défilé pour la Journée internationale des droits des femmes. Cette année, la manifestation est marquée par l’inquiétude : beaucoup craignent un recul des droits acquis. Descendre dans la rue n’est plus seulement célébrer les progrès, mais aussi les défendre.
Dès le début de l’après-midi ce 8 mars, le centre de Bruxelles se transforme peu à peu. Les rues se remplissent et une marée de pancartes colorées apparaît. Du violet, du rose, du rouge, du jaune : les slogans peints à la main attirent l’œil et couvrent la foule de couleurs. Sur certains cartons, on peut lire : « Je ne veux pas de bouquet, je veux du respect ». D’autres pancartes dénoncent les violences ou réclament l’égalité.
Très vite, le bruit envahit l’espace. Les slogans sont repris en chœur par les manifestantes et résonnent entre les façades. « Le patriarcat ne tombera pas tout seul, organisons-nous pour lui casser la gueule ! » scandent plusieurs groupes. Les voix se mêlent au rythme des tambours. Des trompettes retentissent dans la foule et accompagnent la marche. Entre les percussions, les cris et les chants, l’atmosphère devient vibrante, presque électrique. La manifestation est à la fois festive et déterminée.

Photo : @Eleaplay

Photo : @Eleaplay

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La peur d’un recul des droits
Mais derrière cette énergie, beaucoup évoquent une inquiétude grandissante. Certaines manifestantes disent craindre que les droits des femmes, acquis après des décennies de lutte, puissent être remis en question.
Pauline, emmitouflée dans un manteau sombre décoré d’un badge féministe, tient fermement une pancarte en carton où l’on peut lire « Égalité maintenant ». Le regard attentif, elle observe la foule avant de rejoindre les chants. Pour elle, la mobilisation reste essentielle.
On parle encore aujourd’hui d’environ 20 % d’écart salarial entre les femmes et les hommes
explique-t-elle, tandis qu’un groupe derrière elle reprend un slogan en frappant sur des tambours. « Ça montre que l’égalité n’est toujours pas atteinte. Et quand on voit certains débats ou certaines décisions politiques, on peut avoir l’impression que les choses pourraient même reculer. »
Autour d’elle, les cris redoublent et couvrent par moments sa voix. Elle sourit, puis se remet à scander avec les autres, levant sa pancarte au-dessus de la foule.
Des inquiétudes qui dépassent les frontières
Un peu plus loin dans le cortège, Adèle marche au rythme des percussions, entourée d’un groupe d’amies. Elle porte un foulard violet noué autour du cou et tape dans ses mains entre deux slogans. Comme d’autres, elle regarde au-delà des frontières européennes.
« Aux ÉtatsUnis, le droit à l’avortement a été supprimé dans plusieurs États. Ça fait peur, surtout quand on voit la folie de Trump en ce moment », confie-t-elle. « On se rend compte que des droits qu’on pensait acquis peuvent disparaître très vite. »
Elle explique que ces événements rappellent que les combats pour les droits des femmes sont loin d’être terminés.
Autour d’elle, les conversations évoquent aussi des pays où les droits des femmes sont drastiquement limités. En Afghanistan, certaines jeunes filles ne peuvent pas étudier à l’université ni travailler librement, et doivent suivre des règles strictes dans l’espace public. Pour beaucoup de participantes, ces réalités paraissent profondément injustes et choquantes. Elles rappellent que la lutte pour les droits des femmes ne concerne pas seulement un pays ou une société, mais toutes les femmes.
Une mobilisation déterminée et créative
Malgré les inquiétudes, les manifestantes ne se laissent pas abattre. Dans les rues, elles brandissent leurs pancartes avec créativité et humour : « Pas de droits, pas de chocolat » ou « Mon corps, mes choix, mes règles » font sourire tout en frappant les esprits.
Entre chants, rires et slogans inventifs, l’ambiance reste légère mais déterminée. Chaque pancarte, chaque voix, chaque battement de tambour contribue à faire vivre cette mobilisation.
Dans cette énergie collective, les slogans continuent de résonner longtemps dans les rues. Entre tambours, trompettes et voix qui refusent de se taire, la manifestation porte un message simple : défendre les droits des femmes ici, tout en soutenant celles qui, ailleurs, ne peuvent pas encore se faire entendre.
Pour beaucoup, il s’agit de se battre pour elles, pour nous, pour toutes — avec détermination… et un sourire partagé dans la rue.