CultureReportage

Feu, la scène des artistes émergents

Concert gratuit organisé le 5 février par Le Bruit qui Court et La Détente, Feu met en lumière six artistes belges émergents, chacun disposant de quelques morceaux pour capter l’attention et marquer les esprits.

Les projecteurs balayent la salle sombre et viennent frapper la scène par vagues de lumières. Devant, des groupes de personnes se rapprochent de la scène. Les basses résonnent dans les enceintes, profondes, presque physiques. Les poils s’irisent, l’adrénaline comble la pièce d’une énergie spéciale. Au VK Concerts, l’événement Feu peut commencer.

CC BY NC – Alexis Vivier, Photographe

Kynato, Jonopsi, Jeune Meda, DLP, Kazady et Tailleurs de mots ne disposent chacun que de quelques morceaux pour convaincre le public. 

Derrière les artistes, un grand écran diffuse des images. Des clips, des visuels colorés, parfois des extraits vidéo qui accompagnent la musique et plongent la scène dans une ambiance presque cinématographique.

Dans la salle les conversations s’effacent peu à peu. Les regards se tournent vers la scène. La musique monte.

CC BY NC – Alexis Vivier, Photographe

Une scène en mouvement

Les premières notes envahissent la pièce, les basses font vibrer le sol. Dans la foule, les têtes commencent à bouger au rythme du son.

Sur scène, les artistes occupent tout l’espace. Micro serré dans la main, ils avancent, reculent, regardent le public. Derrière eux, un DJ manipule ses platines et enchaîne les transitions. Les morceaux s’enchaînent avec fluidité.

Par moments, la scène se transforme encore. Un guitariste rejoint l’artiste pour accompagner un passage plus intense. Plus tard, un pianiste vient ajouter quelques notes sur un morceau plus posé.

Les projecteurs alternent entre lumière blanche et couleurs chaudes. Par instants, la scène disparaît presque dans l’obscurité avant d’être frappée à nouveau par un faisceau lumineux.

Puis l’énergie monte d’un cran.

Pendant la performance de Kynato, un danseur apparaît sur scène. Les mouvements deviennent plus rapides, plus physiques. La musique accélère. À un moment, plusieurs spectateurs sont invités à monter sur scène pour danser quelques secondes avec l’artiste.

Dans l’air, des bulles apparaissent soudainement. Des fusils à bulles projettent des dizaines de sphères transparentes qui flottent sous les projecteurs et traversent les faisceaux lumineux. Un véritable moment suspendu. 

CC BY NC – Alexis Vivier, Photographe

Entre fête et engagement

Chaque artiste apporte ensuite son propre univers.

Avec Kazady, l’atmosphère devient plus douce. Pendant son passage, il descend à plusieurs reprises de la scène pour offrir des fleurs à des personnes dans le public. Les sourires apparaissent immédiatement dans la foule. Un moment inattendu, presque intime.

Puis la scène change encore de ton.

Lorsque Tailleurs de mots prend le micro, les textes deviennent plus engagés. Les paroles évoquent la situation au Congo. Dans la salle, plusieurs femmes agitent des drapeaux du pays pendant la performance. Les couleurs apparaissent sous les projecteurs et s’effacent dans l’obscurité.

Derrière les artistes, les images continuent de défiler sur l’écran. clips, visuels, séquences colorées. La scène ressemble presque à un décor de film.

CC BY NC – Alexis Vivier, Photographe

Une énergie partagée

CC BY NC – Alexis Vivier, Photographe

Au fil des performances, la chaleur monte dans la salle. Les corps se rapprochent de la scène. Certains spectateurs lèvent leur téléphone pour filmer, d’autres se contentent de suivre la musique du regard.

La soirée avance au rythme des morceaux. Trois chansons. Puis un nouvel artiste. Puis encore un autre. Chaque passage propose une énergie différente. Parfois explosive. Parfois plus posée. Mais l’attention reste la même.

Dans la foule, une spectatrice résume simplement la soirée : « On découvre des artistes qu’on ne voit pas encore partout, ça se voit qu’ils veulent aller loin. »

Les derniers morceaux arrivent. Les projecteurs ralentissent leurs mouvements et la musique baisse progressivement. Les artistes saluent une dernière fois. Les lumières principales se rallument doucement.

La scène redevient calme. Mais dans la salle, l’énergie circule encore. Pendant quelques heures, une centaine de personnes auront partagé la même musique, la même scène et la même lumière.

Feu s’éteint peu à peu.

Mais pas complètement. Une deuxième édition arrivera bientôt 🔥

Alexis Vivier