Le code postal détermine-t-il le risque de pauvreté en Belgique ?
La Belgique affiche des taux de pauvreté différents selon la région, mais quelles sont les raisons derrière ces écarts entre la Région flamande et celle de Bruxelles-Capitale au sein d’un même pays ?
16,5% de la population belge est exposée au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. À l’heure où la réforme du chômage fait débat, ces écarts entre les régions pourraient encore se creuser.
En 2025, la population belge affiche des taux de pauvreté différents selon les régions. Bruxelles-Capitale est la région la plus exposée à la pauvreté. En seconde position, la Wallonie suivie de la Région flamande révèle Statbel. Cette étude se base sur trois indicateurs : la pauvreté monétaire, la faible intensité de travail et la privation de biens matériels.

Wikimedia Commons
Une réalité qui fluctue en fonction des régions
Derrière ces statistiques se cachent des réalités économiques profondément différentes…
Oscar Verleyen, d’origine flamande et travaillant depuis 11 ans au CPAS de Dilbeek, décrit sa réalité flamande : “La Flandre accorde plus de poids à d’autres secteurs qu’aux social et médicaux.” De son côté, Bruxelles donne plus d’importance à une politique sociale. Par conséquent, la capitale a une population plus dense et diverse selon El Bouchehati Safae, stagiaire à l’ONE, qui observe que celle-ci rassemble « une population plus diversifiée, avec une proportion importante de ménages monoparentaux et de familles issues d’immigration, ce qui les fragilise sur le plan socio-économique.” Comme Oscar l’avait mentionné pour le cas flamand, “il n’y a pas un profil plus touché que l’autre. Cependant, il y a certainement beaucoup d’immigrants qui ont besoin d’aide avec leur intégration et de gens qui ont du mal à gérer leurs finances ou la perte de leur emploi.”
El Bouchehati désire souligner que le coût de la vie est plus élevé, ce qui engendre que des étudiants doivent cumuler un job étudiant pour parvenir à financer des études.
Le travail n’est plus protecteur de la pauvreté

Pexels
Le travail n’est plus forcément un filet de sécurité contre la pauvreté. À Bruxelles notamment, la réalité des travailleurs pauvres devient de plus en plus visible. Disposer d’un emploi ne garantit plus une stabilité financière et peut entrainer la privation matérielle.
El Bouchehati, constate que certaines familles disposent d’un revenu professionnel tout en rencontrant des difficultés pour subvenir à leurs besoins essentiels. Cette situation illustre une transformation du phénomène de la pauvreté, qui ne touche pas uniquement ceux sans emploi, mais également une partie de la population active.
Si la Flandre affiche un taux d’emploi plus élevé, la précarité ne disparaît pas pour autant, même si elle s’exprime d’une façon peut-être moins visible. Au CPAS de Dilbeek, Oscar souligne : « Les gens ont toujours besoin d’aide pour des frais pharmaceutiques, de garanties locatives ou d’un revenu d’intégration.”
Les retombées de la réforme du chômage
La réforme du chômage entraine certaines retombées sociales, surtout dans la Région de Bruxelles-Capitale. El Bouchehati explique que, même si L’ONE n’est pas directement lié au système de chômage, les effets des réformes sociales se ressentent dans les consultations. Il explique : “De plus en plus de familles voient leurs droits diminuer, créant un certain climat d’insécurité et impactant directement le bien-être de l’enfant.”
À l’inverse, la Flandre affiche un taux d’emploi plus important et un chômage plus faible, comparés à la Région de Bruxelles-Capitale qui, elle, a un taux d’emploi plus faible et un chômage plus important, éléments influençants directement le niveau de risque de pauvreté.
Oscar, en sa qualité d’assistant administratif du service financier du CPAS, a une solution bien à lui : “Je pense qu’une bonne politique d’emploi peut contribuer à battre la pauvreté et à améliorer la société entière de la Belgique.”

Pexels
La différence des taux de pauvreté est fortement marquée par les différences régionales, entre la Région flamande et la Région de Bruxelles-Capitale par exemple, sur les sujets de la réforme du chômage et du taux d’emploi qui les impactent de manière différente.
Si les réalités diffèrent entre Bruxelles et la Flandre, une constante demeure : boucler les fins de mois reste un défi quotidien pour de nombreuses familles, quel que soit le code postal.
