« Ne pas vouloir d’enfants ne devrait pas choquer »
À 32 ans, Merve Yılmaz préfère se consacrer à sa carrière et à son couple plutôt qu’à la maternité. Un choix personnel qui s’inscrit dans un contexte où les naissances diminuent en Belgique.

Mariée depuis six ans, Merve Yılmaz n’a pourtant aucune envie de devenir mère pour l’instant. À 32 ans, la jeune brune au regard assuré et au sourire discret, chargée de communication reconnue pour son sens de l’organisation et sa créativité, revendique le droit de choisir son propre rythme de vie et préfère se consacrer à sa carrière et à son couple. Calme mais déterminée, elle assume pleinement ses choix de vie. Un choix individuel qui reflète une tendance plus large : en Belgique, 108 696 naissances ont été enregistrées en 2025, soit 3,4 % de moins que la moyenne des années précédentes, selon les chiffres de Statbel.

« Je n’ai pas à me justifier », affirme Merve d’un ton posé mais assuré. Mariée depuis six ans, elle assume avec détermination de ne pas vouloir d’enfant pour l’instant. Elle n’a qu’une seule idée en tête : « se construire elle-même avant de construire une famille ». Ambitieuse et réfléchie, la jeune femme préfère aujourd’hui se concentrer sur sa carrière et sur son couple plutôt que de reproduire le schéma familial dans lequel elle a grandi. Un choix qui illustre les nouvelles priorités d’une génération.
Ayant grandi dans une famille très traditionnelle, la jeune trentenaire au regard sombre et à l’allure confiante a longtemps été entourée de familles nombreuses. Avec près de dix oncles et tantes et de nombreux cousins, elle a très tôt été habituée à célébrer régulièrement la naissance de nouveaux membres de sa famille. Enfant, sa mère lui répétait souvent de bien manger pour « avoir plein de petits bébés ». Une phrase prononcée avec humour, mais qui traduisait aussi des attentes profondément ancrées dans son entourage.
La famille a-t-elle son mot à dire ?
La pression s’est accentuée lors de l’annonce de son mariage. Ses beaux-parents, attachés à des valeurs familiales traditionnelles, ne comprennent pas ce choix et le jugent égoïste. Mais Merve, indépendante et sûre d’elle, ne se laisse pas déstabiliser.
C’est en commençant ses études supérieures que la Bruxelloise, a progressivement compris qu’elle ne souhaitait pas avoir d’enfants avant longtemps. Cette période marque un tournant dans sa vie. Elle découvre de nouvelles perspectives et construit peu à peu son propre projet de vie. Aujourd’hui, dans son travail de chargée de communication “où elle jongle entre gestion de projets, organisation et créativité” elle dit avoir trouvé un équilibre qui lui correspond.
« S’il m’arrivait d’avoir un enfant aujourd’hui, ma carrière s’arrêterait, ce que je ne souhaite pas pour le moment. Je n’aurais plus le temps de travailler ni de prendre du temps pour moi. Je devrais sacrifier énormément de mon temps et, si j’ai un enfant un jour, je voudrais pouvoir lui donner toute l’attention et l’amour qu’il mérite », explique-t-elle.
Son mari, Gilles Verhulst, partage la même vision. Lui non plus ne comprend pas la pression souvent exercée sur les couples mariés pour avoir un enfant à tout prix. Pour le couple, la parentalité n’est pas exclue, mais elle ne constitue simplement pas une priorité immédiate.
La Gen Z redéfinit les priorités

2025 affiche 3,4 % de naissances en moins que la moyenne. Cela représente quelque 3 768 naissances de moins que la moyenne sur la période 2021-2024. Ces chiffres n’inquiètent aucunement la travailleuse en communication car, selon elle, les mentalités évoluent et les priorités changent. Elle a souvent pensé qu’il faut se préparer pour accueillir un nouveau-né afin de le traiter correctement et qu’il serait inconscient d’enfanter seulement pour plaire à l’ancienne génération. Ils devront « patienter s’ils veulent avoir de petits-enfants, car ce choix ne les concerne pas. »
Peut-être qu’un jour Merve changera d’avis. Mais pour l’instant, une chose est certaine : pour elle, ne pas vouloir d’enfant ne devrait tout simplement pas choquer.