{"id":896,"date":"2025-03-13T13:59:32","date_gmt":"2025-03-13T13:59:32","guid":{"rendered":"https:\/\/ecjo2.commu.isfsc.be\/?p=896"},"modified":"2025-03-13T13:59:32","modified_gmt":"2025-03-13T13:59:32","slug":"maja-ajmia-zellama-une-realisatrice-engagee-qui-brise-les-barrieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ecjo2.commu.isfsc.be\/index.php\/2025\/03\/13\/maja-ajmia-zellama-une-realisatrice-engagee-qui-brise-les-barrieres\/","title":{"rendered":"Maja-Ajmia Zellama, une r\u00e9alisatrice engag\u00e9e qui brise les barri\u00e8res"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parce qu&rsquo;il ne correspondait pas aux attentes d&rsquo;un regard occidental, son film a failli ne jamais voir le jour. Aujourd&rsquo;hui, il brille \u00e0 la Berlinale.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignleft size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"201\" height=\"251\" src=\"https:\/\/ecjo2.commu.isfsc.be\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/maja-berlin.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1155\" style=\"width:459px;height:auto\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\"><strong>Maja-Ajmia Zellama, r\u00e9alisatrice bruxelloise, s\u2019est impos\u00e9e sur la sc\u00e8ne internationale avec son long-m\u00e9trage T\u00eates br\u00fbl\u00e9es, s\u00e9lectionn\u00e9 au prestigieux Festival de Berlin. Un succ\u00e8s amplement m\u00e9rit\u00e9 pour cette cin\u00e9aste, dont le parcours a \u00e9t\u00e9 rythm\u00e9 d\u2019obstacles et de d\u00e9fis.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un chemin parcouru de d\u00e9fis<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est attabl\u00e9e au Koul, un caf\u00e9 branch\u00e9 sur les rives du canal de Molenbeek, que Maja revient sur son itin\u00e9raire. Trouver sa voie n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diat : elle commence par des \u00e9tudes en communication avant de s\u2019essayer \u00e0 la r\u00e9alisation \u00e0 l\u2019IAD, puis d\u2019int\u00e9grer Sint-Lukas. Tr\u00e8s vite, une premi\u00e8re difficult\u00e9 se dresse sur son chemin : ne ma\u00eetrisant pas le n\u00e9erlandais, elle doit apprendre la langue. Mais au-del\u00e0 de cette barri\u00e8re linguistique, elle se heurte \u00e0 un obstacle encore plus grand : sa vision artistique entre en conflit avec celle de ses professeurs. D\u00e8s sa premi\u00e8re ann\u00e9e, elle est confront\u00e9e \u00e0 la censure lorsqu\u2019un de ses courts-m\u00e9trages, abordant les violences polici\u00e8res, est remis en question.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Maja \u00e9voque \u00e9galement la relation compliqu\u00e9e qu&rsquo;elle entretenait avec ses professeurs, dont l&rsquo;attitude, particuli\u00e8rement paternaliste envers les femmes, la mettait mal \u00e0 l&rsquo;aise. Ils les appel\u00e9s par des surnoms comme ma pitchoune. Elle questionne aussi le vouvoiement \u00e0 sens unique, instaur\u00e9 par les enseignants, qui renfor\u00e7ait, selon elle, un d\u00e9s\u00e9quilibre dans les rapports.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p><em>\u201con n\u2019a pas besoin d\u2019\u00eatre malheureux pour faire de l\u2019art\u201d<\/em><\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Maja-Ajmia Zellama soul\u00e8ve un sujet rarement mis en lumi\u00e8re, la glorification de la souffrance dans le processus cr\u00e9atif.<em> <\/em>Elle remet en question cette id\u00e9e selon laquelle la douleur serait une condition n\u00e9cessaire \u00e0 la cr\u00e9ation artistique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle parle ouvertement de sa maladie mentale, le trouble bipolaire, et de son impact sur son travail. <a href=\"https:\/\/www.tiktok.com\/@tartelet_harissa\/video\/7371880519144901920\">Sur ses r\u00e9seaux sociaux<\/a>, elle affirme que son objectif est que \u00ab\u00a0la honte change de camp\u00a0\u00bb, refusant que les personnes atteintes de troubles mentaux ressentent encore de la g\u00eane \u00e0 ce sujet. En abordant ces th\u00e9matiques, elle souhaite contribuer \u00e0 d\u00e9mystifier les maladies mentales et offrir un soutien \u00e0 celles et ceux qui en souffrent, comme elle aurait aim\u00e9 en recevoir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle t\u00e9moigne \u00e9galement de son propre cheminement :<em> \u201cje pense que les gens ne se rendent pas compte \u00e0 quel point il y a vraiment un lien entre ma maladie mentale et mon cin\u00e9ma\u00a0\u00bb, confie-t-elle.<\/em> Depuis qu\u2019elle suit un traitement et qu\u2019elle a adopt\u00e9 un mode de vie plus \u00e9quilibr\u00e9, elle se sent plus apais\u00e9e. <em>\u00ab\u00a0J\u2019aime trop mon m\u00e9tier, j\u2019aime trop ma passion, j\u2019aime trop mon cin\u00e9ma. Mais j\u2019ai envie de le faire de la bonne mani\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/em> Son message est clair : on n\u2019a pas besoin d\u2019\u00eatre malheureux pour faire de l\u2019art.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un film sur le deuil\u2026 mais avant tout sur l\u2019amour<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si <em>T\u00eates br\u00fbl\u00e9es<\/em> explore le deuil, Maja-Ajmia r\u00e9alise aujourd\u2019hui que son film est avant tout une \u0153uvre sur l\u2019amour sous toutes ses formes. <em>\u00ab\u00a0Au d\u00e9part, je disais que mon film parlait de deuil, mais maintenant, je me rends compte qu\u2019il parle surtout d\u2019amour\u00a0\u00bb<\/em>, explique-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un amour qu\u2019elle qualifie comme pluriel: l\u2019amour familial, l\u2019amour amical, l\u2019amour filial, mais aussi l\u2019amour spirituel. Elle sait que chaque spectateur percevra son film diff\u00e9remment, et cela ne la d\u00e9range pas : <em>\u00ab\u00a0<\/em><em>Et je pense que tout le monde va pas comprendre mon film de la m\u00eame mani\u00e8re et c&rsquo;est pas grave.<\/em><em>\u00ab\u00a0<\/em> Cette ouverture \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation est pour elle une force, une fa\u00e7on de laisser son \u0153uvre r\u00e9sonner librement en fonction du v\u00e9cu et de la sensibilit\u00e9 de chacun.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignleft size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"201\" height=\"251\" src=\"https:\/\/ecjo2.commu.isfsc.be\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/maja-berlin-1.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1159\" style=\"width:307px;height:auto\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">@tartelet_harissa &#8211; Maja ajmia zellama \u00e0 la berlinale<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La reconnaissance apr\u00e8s les obstacles<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La s\u00e9lection de <em>T\u00eates br\u00fbl\u00e9es<\/em> au Festival de Berlin est pour Maja-Ajmia Zellama une forme de reconnaissance apr\u00e8s de nombreuses incompr\u00e9hensions et barri\u00e8res. Pendant longtemps, son film a \u00e9t\u00e9 per\u00e7u comme trop engag\u00e9, trop radical.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle \u00e9voque notamment les r\u00e9ticences li\u00e9es \u00e0 la pr\u00e9sence de nombreuses femmes voil\u00e9es dans son film. On lui a m\u00eame affirm\u00e9 que, pour cette raison, <em>T\u00eates br\u00fbl\u00e9es<\/em> ne pourrait pas \u00eatre distribu\u00e9 en France en raison du climat politique. On lui a \u00e9galement demand\u00e9 de couper certaines sc\u00e8nes \u00e0 dimension religieuse, une demande qu\u2019elle a cat\u00e9goriquement refus\u00e9e : <em>\u00ab\u00a0On m&rsquo;a dit de couper les sc\u00e8nes religieuses. Moi, je ne changeais pas d\u2019avis. J\u2019ai r\u00e9pondu que je pr\u00e9f\u00e9rais que personne ne voie mon film plut\u00f4t que d&rsquo;accepter qu&rsquo;on en retire des parties.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Finalement, le Festival de Berlin a accueilli son film sans concessions, lui offrant la reconnaissance qu\u2019elle esp\u00e9rait. <em>\u201c\u00c0 Berlin, ils ont vu ce que j\u2019avais envie que les gens voient.\u201d<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Malgr\u00e9 son ancrage dans un milieu maghr\u00e9bin et musulman, <em>T\u00eates br\u00fbl\u00e9es<\/em> porte un message universel. Pour Maja, le deuil est une exp\u00e9rience qui parle \u00e0 tout le monde, quelle que soit son origine ou sa culture.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-video\"><video controls src=\"https:\/\/ecjo2.commu.isfsc.be\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/Tetes-Brulees-Clip-Berlinale-2025.mp4\"><\/video><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Parce qu&rsquo;il ne correspondait pas aux attentes d&rsquo;un regard occidental, son film a failli ne jamais voir le jour. Aujourd&rsquo;hui,<\/p>\n","protected":false},"author":72,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[28],"tags":[170,169,171,172],"class_list":["post-896","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-culture","tag-berlinale","tag-femmes-et-cinema","tag-film-engage","tag-maladie-mentale"],"magazineBlocksPostFeaturedMedia":{"thumbnail":false,"medium":false,"medium_large":false,"large":false,"1536x1536":false,"2048x2048":false,"colormag-highlighted-post":false,"colormag-featured-post-medium":false,"colormag-featured-post-small":false,"colormag-featured-image":false,"colormag-default-news":false,"colormag-featured-image-large":false},"magazineBlocksPostAuthor":{"name":"Aqqal","avatar":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/f3bd319460600c7ef2882ccc378d781bd4102e932f727135d76521dea362c996?s=96&d=mm&r=g"},"magazineBlocksPostCommentsNumber":"0","magazineBlocksPostExcerpt":"Parce qu&rsquo;il ne correspondait pas aux attentes d&rsquo;un regard occidental, son film a failli ne jamais voir le jour. Aujourd&rsquo;hui,","magazineBlocksPostCategories":["Culture"],"magazineBlocksPostViewCount":83,"magazineBlocksPostReadTime":5,"magazine_blocks_featured_image_url":{"full":false,"medium":false,"thumbnail":false},"magazine_blocks_author":{"display_name":"Aqqal","author_link":"https:\/\/ecjo2.commu.isfsc.be\/index.php\/author\/aqqal\/"},"magazine_blocks_comment":0,"magazine_blocks_author_image":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/f3bd319460600c7ef2882ccc378d781bd4102e932f727135d76521dea362c996?s=96&d=mm&r=g","magazine_blocks_category":"<a href=\"#\" class=\"category-link category-link-28\">Culture<\/a>","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ecjo2.commu.isfsc.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/896","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ecjo2.commu.isfsc.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ecjo2.commu.isfsc.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ecjo2.commu.isfsc.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/72"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ecjo2.commu.isfsc.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=896"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/ecjo2.commu.isfsc.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/896\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1171,"href":"https:\/\/ecjo2.commu.isfsc.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/896\/revisions\/1171"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ecjo2.commu.isfsc.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=896"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ecjo2.commu.isfsc.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=896"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ecjo2.commu.isfsc.be\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=896"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}