Entre habitudes et prise de conscience : l’impact des gestes quotidiens sur le climat.
Les petits gestes du quotidien peuvent-ils vraiment avoir un impact sur le climat ?
Face aux changements climatiques, beaucoup de personnes se demandent si leurs actions de tous les jours peuvent réellement faire une différence. Entre prise de conscience, habitudes bien ancrées et difficultés financières, la question reste ouverte. J’ai rencontré Ida Mola, 58 ans, cuisinière, qui partage son avis sur l’impact des gestes du quotidien sur l’environnement.

Selon elle, les habitudes de chacun peuvent effectivement jouer un rôle. « Oui, je pense que nos gestes quotidiens peuvent influencer le climat. Par exemple, on peut éviter de laisser couler l’eau du robinet quand on se brosse les dents, ou prendre une douche plutôt qu’un bain. Ce sont des petites choses, mais si tout le monde y fait attention, cela peut avoir un effet. » Le site du SPF Santé Publique rappelle également que les actions individuelles peuvent contribuer à limiter l’impact du changement climatique.
Pour Mme Mola, plusieurs actions de la vie de tous les jours ont un impact important sur l’environnement. « Il y a le gaspillage de l’eau, mais aussi le fait de prendre la voiture pour des petits trajets. Les bains consomment aussi plus d’eau que les douches. On peut également parler du gaspillage alimentaire. Et pour le chauffage, on peut parfois baisser un peu la température et simplement mettre un pull. » Elle insiste sur le fait que ces décisions, reflètent une prise de conscience de l’empreinte écologique personnelle et peuvent influencer les habitudes de l’entourage.
La consommation d’électricité fait également partie des choses auxquelles elle prête attention. « Oui, j’y pense. Le soir, par exemple, j’essaie de ne pas allumer toutes les lumières dans la maison si ce n’est pas nécessaire. J’essaie le plus souvent possible de faire sécher le linge à l’air libre au lieu du séchoir.» Elle explique que ce choix demande parfois un effort d’organisation, mais qu’il est important pour réduire sa facture énergétique tout en limitant son impact environnemental.
Consommer autrement
Du côté des vêtements, elle explique ne pas acheter souvent de nouveaux habits. « Non, je garde mes vêtements longtemps. Cela fait des années que je remets les mêmes. Je n’aime pas la surconsommation. ». Elle insiste sur la valeur de la durabilité, expliquant que choisir de garder des vêtement plutôt que de les remplacer fréquemment contribue à réduire la pression sur les ressources naturelles et les déchets textiles.
Elle connaît aussi l’impact de l’industrie de la mode sur l’environnement. « Oui, bien sûr. Avec certains sites de vente en ligne, comme Temu ou Shein, les prix sont très bas. C’est attirant pour beaucoup de gens, donc ils achètent beaucoup. Mais au final, ces vêtements sont parfois portés très peu de temps avant d’être jetés. » Elle déplore la logique de la « fast fashion », où la consommation rapide entraîne une accumulation de déchets et une exploitation intensive.
Si ces habitudes continuent malgré les informations sur le climat, c’est selon elle surtout lié à l’argent. « Beaucoup de personnes ont aujourd’hui des difficultés financières. Les produits moins chers attirent beaucoup plus. Les gens font parfois plus attention à leur portefeuille qu’à l’environnement, et c’est compréhensible. » Selon elle, il y a une inégalité dans les responsabilités et la visibilité des comportements à impact environnemental.

Un enjeu aussi économique
Elle pense toutefois que les gens sont globalement informés. « Oui, je pense qu’ils le sont. Mais parfois ils entendent les informations sans vraiment les écouter. Et puis on demande souvent aux personnes qui ont moins de moyens de faire des efforts, alors que certaines personnes très riches consomment énormément : jets privés, grosses voitures, maisons très grandes… et on en parle moins. » Elle insiste sur l’idée que chaque action, même individuelle, contribue à sensibiliser son entourage et à créer un effet cumulatif.
Malgré tout, elle dit essayer d’agir à son niveau. « Oui, j’essaie tous les jours de faire attention : éviter le gaspillage alimentaire, faire attention à l’eau, à l’électricité et au chauffage. Je n’utilise pas la voiture pour rien, d’éviter de faire des petits trajets et j’essaie de prendre les transports en commun quand c’est possible, surtout dans mon quartier. »
Enfin, elle s’inquiète pour l’avenir si rien ne change. « Si on ne change pas nos habitudes, les températures vont continuer à augmenter. On utilisera donc beaucoup plus d’électricité, par exemple avec des ventilateurs. Et en même temps, on enlève de plus en plus d’espaces naturels pour construire. Il y aura donc moins d’arbres, moins de nature et moins d’air. »

À travers ces réflexions, Ida Mola rappelle que les gestes du quotidien peuvent sembler petits, mais qu’ils restent importants lorsqu’ils sont adoptés par un grand nombre de personnes.