Les Belges, accros à l’électro !
Dans l’énorme arène d’Anvers, Rampage Weekend 2025 réunit presque 20 000 festivaliers. Les introduisant à une coutume bien belge : la saison des festivals d’électro. Mais qu’est-ce qui explique cet engouement grandissant pour la musique électronique en Belgique ?
La chaleur grimpe au rythme déchaîné de la musique qui fait vibrer chaque mur du Sportpaleis. Soudain, le DJ envoie son drop. Une vague d’extase traverse la foule, et des milliers de festivaliers hurlent à l’unisson alors que les basses s’abattent avec une puissance électrisante. Accompagné d’un spectacle lumineux pouvant provoquer des crises d’épilepsie, la musique électro est bien ancrée dans les habitudes du public belge. Duncan, passionné de Drum n Bass, a participé au week-end de Rampage pour vivre ce que de nombreux Belges connaissent bien.
“Il y a une culture énorme, on a nos propres variantes de la musique électronique qui sont propres à nous, propres à la Belgique. » partage Duncan, encore transpirant dans le fumoir du festival. L’héritage marqué des années 80-90, avec des genres comme le New Beat, l’EBM (Electronic Body Music) et la techno hardcore, a profondément façonné la culture musicale belge actuelle. Ayant déjà une base très solide, la Belgique a pu développer un grand nombre de sous-genres de musique électro. Les gens du monde entier se déplacent pour voir en live des artistes de ces courants musicaux se produire. Enrichie par l’influence des pays voisins, la Belgique propose une grande diversité de styles uniques. Une multiculturalité attirant tant de personnes ici, explique l’équipe de Sessions Sonores, magazine de musique électronique.
“On appelle ça le plat pays mais sur un plat pays, on peut faire de gros festivals ! ”
“Belgitude” musicale
Autour de Duncan, on entend parler bien plus que du français ou du flamand. Des Londoniens racontent qu’ils attendaient ce festival depuis un an. La Belgian Jump Up, un sous-genre typiquement belge, est l’une des raisons de leur venue. Ils ajoutent que c’est leur troisième édition et que le public belge en est leur autre raison.
Située au centre de l’Europe, la Belgique attire un public international. Ce n’est pas seulement la facilité d’accès géographique qui rend ce pays si attractif, mais aussi l’esprit belge. C’est le maître mot des soirées en Belgique. “Le peuple belge est un peuple qui a un énorme sens de la fête, de l’autodérision ainsi que de la musique et du lâcher prise.” précise Camille, membre de Sessions Sonores. Les festivals sont des espaces de liberté. “Tu peux te retrouver avec des gens dont tu ne connais même pas le prénom et danser avec eux.” raconte Duncan. Ils peuvent se sentir libres sans avoir à se justifier. Rencontrer de nouvelles personnes sans craindre d’être jugés. Et les Belges en sont très fiers.
“On appelle ça le plat pays mais sur un plat pays, on peut faire de gros festivals !” lance un autre festivalier en riant, tout en passant à côté de Duncan. Il n’y a pas que la convivialité dont ils sont fiers. Leur attachement à leur culture apporte bien plus qu’une bonne ambiance : un esprit de communion. Une véritable unité autour d’une passion partagée. L’équipe de Sessions Sonores explique que c’est cette fidélité à ce genre de musique qui pousse autant de Belges à soutenir et à participer aux événements.
Tendance durable ?
Durant ces deux jours de festival, des milliers de personnes se sont réunies autour d’une même passion musicale. Bien que tous ne soient pas des fans inconditionnels de Drum n Bass ou de Dubstep. Il est clair que la musique électronique a réussi à s’établir comme un véritable phénomène culturel. Aujourd’hui, l’électro s’est donc largement démocratisée. Comme le souligne Camille, certains genres comme la hard musique attirent désormais un public plus large, notamment “monsieur tout le monde”. Avant, il fallait connaître des organisateurs, des amis d’amis. Maintenant, il suffit d’avoir un téléphone pour être au courant de n’importe quel évènement. Duncan avoue qu’avant de voir les stories publiées par ses amis sur Instagram, il n’aurait jamais connu ce style de musique. Bien que les valeurs puissent se diluer en touchant un public plus large, c’est l’expansion du genre musical qui permet son évolution. Augmentant toujours le nombre de Belges s’intéressant aux sujets.
Épuisé par ces deux jours très intenses, Duncan quitte la scène principale et se dirige vers la sortie de l’arène. Encore avec son t-shirt trempé dans la main, il regarde une dernière fois les lumières gigoter dans tous les sens suivant le tempo de la musique. Et promet, comme beaucoup de Belges, de revenir l’année prochaine.
