Sécurité de l’IA : entre accélération technologique et nouveaux défis
Le parcours de l’expert Mohammed Kabbouri retrace l’évolution de l’intelligence artificielle, de ses premières applications techniques jusqu’aux enjeux actuels de sécurité soulignés par le Rapport international sur la sécurité de l’IA 2026.
L’apparition rapide des systèmes d’intelligence artificielle soulève aujourd’hui des questions majeures en matière de sécurité, de gouvernance et d’impact sociétal. Le rapport international sur la sécurité de l’IA 2026 met en évidence l’accélération des capacités de ces technologies ainsi que les risques émergents qui y sont associés. Dans ce contexte, l’analyse de Mohammed Kabbouri, expert en technologies numériques et entrepreneur dans le domaine des infrastructures informatiques, permet d’éclairer les enjeux concrets de cette transformation technologique.
Une apparition progressive
Au départ, l’IA n’était pas vraiment sous la forme telle qu’on la connaît aujourd’hui avec l’IA générative. Au départ monsieur Kabbouri était confronté à des algorithmes d’analyse, de l’automatisation ou des modèles statistiques. Il faut savoir qu’il a commencé dans le domaine informatique dans les années 80 par pure curiosité avec une option technique et technologique en plus d’une orientation sciences-math. Mais rapidement, il a compris qu’un squelette, une
architecture se cachait derrière et qu’on pouvait y travailler pour résoudre des problèmes très concrets et optimiser le corps.
Au fil du temps, il se retrouve à concevoir des plateformes assez complexes : des systèmes capables d’analyser des infrastructures télécom sécurisées, ou des outils qui s’appuient sur l’intelligence artificielle pour automatiser certaines analyses. Quand il parle, il est très serein, il réfléchit à chaque mot avant de le prononcer. Il va parfois avoir son langage, mais il sait de quoi il parle et l’explique très clairement.

Par la suite, ce sont des outils d’orchestration comme N8N en 2019 qui sont apparus. Monsieur K. y a été confronté, il servait principalement à faire des tâches d’analyse ou de traitement de données. « Avec le temps, les modèles sont devenus nettement plus performants et surtout plus accessibles », souligne M. Kabbouri.
L’accélération de l’IA
« J’anticipais que les algorithmes allaient progresser, mais une accélération aussi rapide, non », M. Kabbouri souligne. Le « Rapport 2019 de l’OMPI sur les tendances technologiques » pointait déjà cette accélération de demande de brevet de l’intelligence artificielle, et ce depuis 2013. À la fin, le rapport indique que « l’intelligence artificielle soulève de nombreuses questions de politique générale, comme la réglementation et le contrôle des données ». Le rapport de 2026 insiste sur le fait que « l’IA a été adoptée plus rapidement que les technologies précédentes, comme l’ordinateur personnel ».
Aujourd’hui, il y aurait plus de 700 millions de personnes chaque jour qui utilisent les principaux systèmes d’IA. M. Kabbouri rejoint le rapport international sur la sécurité de l’IA et celui de l’OMPI « des choses qui étaient encore compliquées il y a deux ou trois ans sont devenues relativement simples aujourd’hui ».
Une utilisation quotidienne
L’intelligence artificielle occupe aujourd’hui une place croissante dans de nombreux domaines professionnels et scientifiques. En sciences, par exemple, selon M. Kabbouri, « c’est un domaine avec lequel l’IA peut avoir un impact majeur, parce qu’elle permet d’explorer des volumes de données qu’un être humain serait incapable de traiter seul ».

Dans le monde professionnel également, ces outils modifient progressivement les méthodes de travail. L’écart est très visible dans le bureau de M. Kabbouri. Auparavant un bureau avec des bibliothèques et un gros PC entouré de dossiers. Aujourd’hui, c’est un bureau avec deux écrans, un pour tout ce qui touche la télécommunication et l’autre pour tout ce qui est assistance IA, et une salle de réunion à côté.
Donc aujourd’hui une simplification, une automatisation, autrefois c’était des outils qui étaient réservés à des spécialistes ou à des équipes de recherche, qui sont maintenant accessibles à pratiquement n’importe qui. Au travail, il souligne que « la vraie question n’est plus « est-ce possible ? », c’est « comment le faire ? » » et cela permettrait d’expérimenter beaucoup plus vite, de tester des idées qui n’auraient probablement pas été explorées avant.
L’intelligence artificielle ouvre aujourd’hui de nombreuses perspectives, le rapport de 2026 indique également les défis qu’elle pose en matière de sécurité et de gouvernance. L’augmentation rapide des capacités des systèmes d’IA rend plus complexe leur encadrement et peut favoriser de nouveaux risques, comme dans les domaines de la cybersécurité ou de la protection des données. Pour M. Kabbouri, ces évolutions imposent de garder une approche prudente face à une technologie devenue extrêmement puissante. Selon lui, « l’IA doit rester un système d’aide à la décision et surtout pas un système qui décide à la place des gens. » À mesure que ces technologies s’intègrent dans le quotidien des chercheurs, des entreprises et des citoyens, la question de leur sécurité devient ainsi indissociable de leur développement.
