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À Bruxelles, une marée féministe entre colère et espoir

« Toute la journée, demi salaire, demi pension, y’en a assez ! » Le slogan résonne entre la gare centrale et la rue Royale, porté par des centaines de voix. En ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes, Bruxelles se transforme en un espace de revendication, où la colère s’exprime autant que la solidarité.

Entre pancartes engagées, chants féministes et prises de parole au mégaphone, en compagnie du mouvement de jeunes du PTB RedFox, la manifestation rassemble une foule déterminée. Dans les rues du centre-ville, les revendications dépassent les symboles : elles interrogent encore les inégalités persistantes, notamment dans des domaines comme l’informatique, longtemps perçu comme masculin

Une mobilisation massive et vibrante

Dès les premiers mètres du cortège, l’ambiance frappe. La foule est dense, compacte, et avance lentement dans une énergie à la fois festive et revendicative. Certaines rient, d’autres scandent des slogans, toutes semblent portées par une même détermination.

Sur les pancartes, les messages sont directs, sans détour :

« J’attends une fille, éduquez vos fils ! », « On te croit », ou encore « Not all men but a lot quand même ».

Au milieu du bruit des pas et des discussions, les mégaphones rythment la marche. Une voix s’élève, reprise en chœur par les manifestantes :

« Nous sommes des femmes, nous sommes fières, et féministes et radicales et en colère ! »

Entre colère et expression artistique

Au fil du parcours, la manifestation laisse aussi place à des moments plus artistiques. Sur une scène improvisée, une femme d’origine cubaine attire l’attention. Guitare à la main, elle chante des chansons féministes, devant le public majoritairement composé de femmes entre 40 et 70 ans de toutes origines et toutes confessions religieuses qui sont attentives et impressionnées par sa performance.

Sa voix se mêle aux slogans, créant un contraste entre douceur musicale et intensité des revendications. Autour d’elle, certaines s’arrêtent, d’autres filment, mais toutes écoutent.

Ce mélange d’expression artistique et de mobilisation politique donne au rassemblement une dimension particulière : ici, la lutte passe aussi par la culture et le partage.

 

Des revendications toujours d’actualité

Si l’ambiance peut sembler festive par moments, les messages portés restent profondément ancrés dans la réalité. Les slogans dénoncent notamment les inégalités salariales et les injustices structurelles qui persistent.

« Toute la journée, demi salaire, demi pension, y’en a assez », scandent les manifestantes, pointant du doigt les écarts économiques entre hommes et femmes.

Au-delà de la rue, ces inégalités se retrouvent aussi dans certains secteurs professionnels. L’informatique, longtemps considéré comme un domaine masculin, en est un exemple marquant. Pourtant, des données récentes montrent que les femmes y obtiennent aujourd’hui des résultats souvent supérieurs à ceux des hommes, remettant en question des stéréotypes encore bien ancrés.

Une parole collective

Ici, pas une seule voix, mais une multitude. Étudiantes, travailleuses, militantes ou simples citoyennes : toutes participent à cette parole collective.

Les mégaphones circulent, les slogans évoluent, mais le message reste le même : visibiliser les injustices et affirmer une présence dans l’espace public.

Dans la foule, certaines manifestantes échangent leurs expériences, d’autres préfèrent scander sans relâche. L’ensemble forme un mouvement uni, malgré la diversité des profils.

Alors que le cortège poursuit sa route dans les rues bruxelloises, les voix continuent de résonner. Entre chants, pancartes et slogans, la manifestation du 8 mars rappelle que, malgré les avancées, les luttes pour l’égalité restent d’actualité, dans la rue comme dans les domaines où les femmes continuent de redéfinir leur place.