L’inflation est faible, les médicaments sont chers !
Une inflation trop belle pour être vraie? Une inflation à 1,1 %, pourtant le prix des médicaments ne cesse d’augmenter, quel impact sur les consommateurs ?
L’inflation est un sujet clivant de l’actualité qui impacte l’intégralité des Belges. Un mot (inflation) qui a un poids énorme lorsqu’il est mentionné par les instances gouvernementales. Malgré cela, il reste un terme économique qui n’est pas forcément facile à comprendre et qui n’a pas la même valeur pour chacun des domaines pris en compte.

Une belle vitrine s’offre aux Belges depuis ce début d’année, l’inflation ne s’élève que de 1,1% depuis ce premier janvier. Pour autant, une inflation de 1,1% n’est pas une catastrophe pour les citoyens, du moins en apparence, celle-ci est une moyenne de tous les calculs. Et donc il faut la décortiquer pour y voir les domaines qui sont en difficultés.
1,1 %, une vitrine qui ne convient pas pour le domaine de la santé ?
Le calcul de l’inflation indique que celle-ci s’élève à 1,1 % pour janvier 2026 contre 2,06 % en décembre 2025, un pourcentage qui plaît en apparence mais qui n’est pas significatif pour tout le monde, car celui-ci provient du calcul des différentes baisses et des différentes hausses prises en perspective pour en arriver à ce résultat. Le domaine médical est le moins épargné par ces hausses de prix. Effectivement, la publication de Statbel du 29 janvier indique que la santé a une inflation en hausse de 16,9 %.

Pour y voir plus clair dans ces chiffres et surtout comprendre quel impact ils ont sur les concitoyens belges, une pharmacienne de la pharmacie Bénu place Schweitzer (Bruxelles) a accepté de répondre à quelques questions. « Ce ne sont pas les prix qui ont nécessairement augmenté, mais ce sont plutôt les remboursements qui sont réduits. » La professionnelle de la santé indique un point important : ce qui impacte réellement le client sur l’achat de ses médicaments n’est pas tant que les prix ont tellement augmenté, mais plutôt que les taux de remboursement ne sont plus autant couverts par la sécurité sociale. « Exemple, les produits à base de Bétadine ne sont plus remboursés ».
Comme l’explique Folia Pharmacotherapeutica dans sa publication, le ticket modérateur minimum augmente, cela veut dire que la part que le patient doit payer augmente. Une question peut alors être entraînée par cette situation : l’impact sur le patient et le prix pourrait-il apporter des conséquences indésirées? « Oui, j’ai déjà eu des patients qui sont repartis sans leurs médicaments car ils ne pouvaient pas payer ».
Comme le confirme une étude d’Ethias, « 29 % des Belges déclarent avoir renoncé à des soins de santé… ». La raison principale (71 %) de ces renoncements est le coût des soins jugé trop élevé. Certains secteurs sont plus touchés que d’autres (53 % pour les soins dentaires). Il est également observé que la tranche la plus touchée par le refus de soins est celle des 25-34 ans, mais également que 1 parent sur 7 renonce à des soins pour son enfant. Des chiffres assez inquiétants sur la situation de santé des Belges. Des solutions sont-elles disponibles ? « J’ai quelques clients qui se sont tournés vers des traitements naturels et spirituels ». Des solutions alternatives qui peuvent être pratiques pour certains cas, comme l’explique le magazine DocMorris. Pour autant, il explique également que ces solutions ne remplacent pas tout, qu’il est plutôt préférable de trouver un équilibre et de se faire conseiller par un professionnel de santé, en rappelant l’importance de la médecine moderne dans notre vie.